2000 paniers paysans à Quimper

Changeons ensemble notre rapport à l'alimentation

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OBJECTIF 2000 PANIERS

20 mars 2009, nous sommes 1850 à avoir signé la pétition

 

Moins de bitume,

plus de paysans !

« Objectif 2000 paniers », la mobilisation continue en 2009.



Après les élections municipales et cantonales de mars dernier, plus de 1300 personnes ont aujourd'hui signé la pétition du collectif « objectif 2000 paniers». Le but était d'interpeler les élus de Quimper Communauté et du Conseil Général du Finistère afin de traduire en engagement concret leurs bonnes intentions électorales en matière de développement durable, notamment par la promotion d'une agriculture biologique et paysanne à proximité de l'agglomération de Quimper.


Huit mois plus tard, nous ne constatons toujours aucune volonté politique de l’agglomération de Quimper sur le sujet. Quand, depuis 10 ans, plus de 6500 hectares de terre arable disparaissent en Bretagne chaque année, l'agglomération sacrifie et cède encore aujourd'hui 30 hectares supplémentaires de terre arable au bitume pour attirer une grande enseigne de bricolage, sans que cela ne suscite le moindre débat, y compris en terme de compensation foncière.


Au moment même où la terre agricole devient un enjeu de spéculation mondiale, les élus de l'agglomération doivent prendre conscience que les terres cultivables sont une ressource précieuse. Ici, le modèle agro-alimentaire actuel ne nous met pas non plus à l'abri d'une pénurie alimentaire plus ou moins proche.

Freiner l’étalement urbain est une priorité.

Un large débat doit s'engager autour d'actes et d'engagements précis.


Afin que l'accès à une alimentation de base et à des produits de saison, sans pesticide et sans engrais chimique, ne soit pas un luxe, mobilisons-nous pour changer la politique d'urbanisme et d’aménagement du territoire de l'agglomération de Quimper :

Signons la pétition « objectif 2000 paniers ».

 


le collectif 2000 paniers,

le 10 décembre 2008

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Pour signer la pétition en ligne : *Cliquez ici*

les premiers soutiens : Solidair’Ethic, MINGA, Action Consommation, WhouAMAP, ATTAC Quimper,

REPCIP 29, Horizons Nouveaux, Nature et Progrès Bretagne, ASPAARI,

Frères des Hommes avec le Mouvement des Paysans Papaye en Haïti, l'association des géographes de Bretagne...

 

dévastation pays fouesnantais

Balade en pays fouesnantais à la découverte d'un développement exemplaire ...

Si, venant de Quimper, vous empruntez la D45 pour vous rendre à Fouesnant, votre traversée du bourg de Pleuven sera sans doute momentanément suspendue par un feu provisoire de circulation. A la faveur de cette halte, votre regard découvrira sur votre droite une immense surface de terre dénudée pour un vaste ensemencement de gaines et tuyaux en plastiques et PVC divers. A l'arrière-plan de cette surface, vous verrez se dresser une longue et haute barrière fantômatique d'arcades blanches. Si, poursuivant votre route, vous voulez en savoir davantage sur ces "grands travaux", quittez la D45 au niveau de l'actuel SuperU sur votre droite et allez rejoindre le petit chemin au si joli nom d'"Hent Ar Bleizi", qui, vous conduira à l'arrière de la zone repérée. Vous découvrirez alors une montagne de terre que vous gravirez et du haut de laquelle, d'un coup d'oeil panoramique, vous mesurerez l'ampleur d'un chantier où s'activent pelleteuses et bulldozers qui ont déjà englouti à jamais haies, talus et arbres centenaires.
Revenant sur vos pas et rejoignant la D45, au second rond-point après le SuperU, vous verrez, planté au beau milieu d'une butte éventrée, sur votre droite, un panneau annonçant l'ouverture prochaine d'une Biocoop et à l'arrière-plan, surgies de l'argile, d'impressionnantes plaques de béton.
Si, renonçant alors à descendre vers la mer, vous tournez sur votre gauche en direction de La Forêt Fouesnant, à peine aurez-vous fait quelques centaines de mètres sur la D44 que vous vous croirez en plein cauchemar. En effet, sur votre droite, à nouveau, un paysage dévasté, la terre béante, des amoncellements lunaires sillonnés de camions et engins divers vous feront douter de vos yeux. Et pourtant, vous n'êtes victime d'aucune hallucination ni d'aucun mirage.

Les explications, les voici :
A Pleuven, en limite de Fouesnant, au nord, ce sont 15 hectares de terre qui sont voués au béto-bitumage pour le déplacement et l'agrandissement de l'actuel SuperU (à la limite de l'hypermarché pour permettre l'ouverture le dimanche). Deux lotissements sont également prévus sur cet espace.

La biocoop, quant à elle, consommera 1,7 hectare (à noter que la construction a été commencée alors que la légalité du permis de construire était contestée).

Le troisième chantier, pour sa part, annonce le bitu-bétonnage de 85 000 m2 dont 6000 m2 de surface exclusivement commerciale (Carrefour, Jardinage, bricolage ?). 10 000 m2 environ ont été soustraits pour la construction d'un lotissement et sur 15 000 m2 supplémentaires, à 20 m de la très passante D44 sera construite une nouvelle maison de retraite dont rien ne préfigure encore l'émergence alors que le Carrefour surgit déjà de terre.

Malgré la résistance des associations locales, les batailles juridiques menées, ce sont donc plus de 23 ha de belles terres et de paysages qui vont être sacrifiés sur l'autel de ce qu'il est convenu d'appeler la "grande distribution", titre pour lequel semblent désormais concourir aussi les Biocoops.

Comment ne pas s'étonner d'une telle pléthore de grandes surfaces sur une si faible superficie (à noter qu'existent aussi sur Fouesnant un hard discount, sur Bénodet à quelques kilomètres un Champion et qu'un nouveau hard discount remplacera l'actuel Champion fouesnantais)? L'affluence estivale peut-elle justifier un tel suréquipement commercial ? Sommes-nous au pays de Gargantua ?

Qui plus est, comment dans une période de récession économique, profonde et à durée indéterminée, ne pas voir l'inopportunité et même l'anachronisme de telles orientations ? Comment, à l'heure où à l'échelle mondiale s'engagent des batailles pour la possession de terres fertiles et nourricières, ne pas prendre conscience à l'échelle locale qu'il est primordial et vital de préserver ces ressources pour que puisse se développer une agriculture de proximité capable d'approvisionner localement la population?

Ajoutons au tableau précédent un projet intercommunal d'extension de zone artisanale condamnant d'autres dizaines d'hectares de terres agricoles. Ajoutons encore que la société Lannurien (Eurovia-Colas-Scraig) exploitant la carrière de Neiz-Vran (commune de Saint-Evarzec) a déjà stérilisé 2,5 ha par le dépôt de 300 000 tonnes de déchets de chantier, qu'elle a demandé l'autorisation d'agir de même sur 2,75 ha supplémentaires sur la commune de Fouesnant et qu'elle envisage d'acquérir toutes les parcelles agricoles alentour pour le même usage. Ainsi, arrivé au terme de votre balade, vous pourrez mesurer l'exemplarité du développement du pays fouesnantais!

Défenseurs d'une agriculture de proximité car nous voulons l'accès du plus grand nombre à une nourriture saine produite dans le respect de l'environnement par de véritables paysans, nous ne pouvons donc que dénoncer - à titre d'exemple et parcequ'il s'agit de notre territoire proche - le désastre en marche à Fouesnant et ailleurs, particulièrement dans les zones littorales. Quel avenir pour une agriculture locale et nourricière qu'il faudrait à tout prix préserver ou mettre en œuvre dans une période de crise économique, sociale, énergétique ? Par delà le massacre du paysage et la ruine de la biodiversité, les bouleversements hydrographiques, il est grand temps de prendre conscience que bitumage et bétonnage ne feront qu'aggraver la situation en cas de pénurie alimentaire dont nul ne peut écarter le spectre.

Christiane Didier (Whouamap)
25 mars 2009